Cette chapelle ancienne est une dépendance du manoir de Kermorvan. Elle abrite une statue de la Vierge à la figue qui disparu pendant 28 ans avant d’être retrouvée.

Des informations sur la chapelle

Vers le XVIe siècle
Granit et Pierre

Département : Finistère
Arrondissement : Brest
Canton : Saint-Renan
Commune : Trébabu
11 Kerleo Bras, 29217 Trébabu

Chapelle Notre-Dame-du Val à Trébabu dans le Finistère.
Chapelle Notre-Dame-du Val.

Description de la chapelle de Trébabu

Appelée aussi Notre-Dame-du-Traon, cette chapelle de plan rectangulaire dépend jusque vers 1778 du manoir de Kermorvan avant d’être cédée à la paroisse. Elle abrite la dépouille rapportée de Rome de Christophe de Penfenteniou, général de l’ordre des cordeliers, et celle de Tanguy de Penfeunteniou, son neveu, sénéchal de Brest, morts respectivement en 1594 et 1640. Selon la tradition, en jetant des épingles dans la fontaine ; les jeunes gens pouvaient savoir s’ils se marieraient. Si l’épingle flottait, c’était un bon présage.

La Porte

Vers le XVIe siècle
Granit
Au-dessus de la porte se trouve un écusson aux armes des Kermorvan. Celles-ci sont aussi visibles sur un bénitier, une niche et sur le dôme de la fontaine qui se trouve à proximité.

La Vierge à la figue et sa disparition

La Vierge à la figue de la chapelle Notre-Dame du Val à Trébabu.
La Vierge à la figue.

La pièce principale de la chapelle du Val est une très jolie statue en bois polychrome du XVIe siècle. Elle représente la Vierge portant l’enfant Jésus sur le bras droit, et non à gauche comme il est de coutume. Alors que son visage est sérieux, celui de l’enfant semble un peu espiègle. Son bras gauche appuie sur le cou de sa mère, comme pour l’éloigner, et il tend le bras droit afin d’attaper la figue qu’elle tient dans sa main gauche. Cette Vierge à la figue n’est pas unique mais elle est rare et peu connue.

Chaque année, traditionnellement le jour de l’Assomption, le pardon de Notre-Dame du Val était célébré. Après une grand-messe solennelle en soirée, une procession se rendait à la lueur des flambeaux par des chemins forestiers depuis la chapelle jusqu’au grand calvaire de Kermorvan situé aux portes du château. Parmi les bannières, la statue de la Vierge à l’Enfant, portée par plusieurs paroissiens, accompagnait les fidèles.

En 1976, au cours d’un été bien ensoleillé et particulièrement chaud, le pardon fut annulé à cause de l’orage. Cette privation de grande sortie mécontenta-t-elle la vénérable pensionnaire des lieux? Toujours est-il que quelques mois plus tard, elle avait disparu! Au pardon de 1977, la tristesse des fidèles faisait peine à voir.

Et ainsi pendant de longues années, Notre-Dame du Val fut absente de sa chapelle.

Dans le département du Var, à deux pas de Toulon, la petite ville de Solliès-Pont est la capitale de la figue. 75 % de la production française vient de la région. Une figue ferme, en appellation d’origine contrôlée, d’excellente qualité. La fête de la figue, événement majeur de l’année, y a lieu tous les ans à la fin du mois d’août.

Un jour de 2004, deux prêtres de Solliès-Pont découvrent auprès de l’autel de l’église un objet qui y a été déposé. C’est la statue en bois polychrome d’une Vierge à la figue qui leur est inconnue. Mais ils sont habitués aux dépôts anonymes de reliques et d’objets sacrés. Il faudra attendre plusieurs mois pour que, par hasard, en enquêtant sur le vol d’un tabernacle, les gendarmes soient mis au courant de cette découverte. Des photos sont prises et diffusées dans toutes les brigades de France. Le socle qui porte les mots « I varia an traon » intrigue.

Mais à Quimper, un gendarme bretonnant comprend immédiatement : I varia, est mis pour Itron-varia, mot à mot « Dame Marie » en breton, donc Notre-Dame. An traon, c’est le val. Notre-Dame du Val, il connaît, c’est le nom de la chapelle de Trébabu, près du Conquet, dans le Finistère.

C’est donc ainsi que la Vierge fugueuse, après une absence de 28 ans, a pu regagner sa demeure. L’enquête n’a jamais permis de connaître ni l’auteur, ni les raisons de ce curieux rapt. Mais il est probable que cette respectable Itron Varia ait été vendue sur un marché clandestin d’objets d’art, puis restituée par un collectionneur repenti ou un honnête héritier dans la seule église de France où la présence d’une figue sculptée semblait aller de soi.

Avant son retour, la Vierge a toutefois subi une remarquable restauration co-financée par la commune et le département, et destinée à effacer autant les traces de ses voyages que les outrages que lui avaient infligés le temps et les différents lieux où elle avait dû être entreposée.

Texte de Yannick Loukianoff
Source: patrimoine-iroise.fr

Visite virtuelle de la chapelle de Trébabu

Une visite virtuelle de l’intérieur de la chapelle Notre-Dame du Val à Trébabu. N’hésitez pas à mettre en plein écran pour profiter de la visite.

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