L’église de La Martyre dans le Finistère a la particularité d’être a demi fortifié avec un corps de garde qui lui est accolé et une galerie au-dessus de l’arc de triomphe pour les archers.

Mise à jour le 30/11/2022.

Des informations sur l’église de La Martyre

Logo monunents historiques Classé monument historique le 28/02/1916
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Dénomination : Église
Titre courant : Église Saint-Salomon
Date : XVe-XVIe et XVIIe siècles
Département : Finistère
Arrondissement : Brest
Canton : Pont-de-Buis-lès-Quimerch
Commune : La Martyre
Rue Saint-Salomon 29800 La Martyre
Position : 48.448873, -4.159904

L'église Saint-Salomon de La Martyre dans le Finistère.
L’église Saint-Salomon.

L’église Saint-Salomon de La Martyre

Le clocher de l’église, peut-être influencé par la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, est érigé dans les première années du XIVe siècle sur une maçonnerie plus ancienne. Une tempête détruit une partie de l’église en 1450. La nef du XIVe siècle est alors remaniée, et ses arcades sont exhaussées. Le chevet reconstruit subit encore de nombreuses modifications au XVIe siècle. Les travaux de la sacristie , dessinée par Jean Bras, sont confiés à Joseph Kerandel entre 1697 et 1699. Des embellissements, décidés le 19 décembre 1756 pour améliorer l’éclairement, sont effectués au niveau du chevet et des fenêtres du collatéral sud.

Masques

XIIe siècle
Une série de masques romans orne le porche occidental, partie la plus ancienne de l’église.

Jouer de crosse

Vers 1450
Kersantite
Porche

Les scènes de l’enfance de Jésus occupent les voussures du porche méridional, auprès de la Nativité du Tympan. Le personnage est l’un des bergers de Bethléem.

Nativité

Vers 1450
Kersantite
Porche

L’ouverture du porche méridional, en anse de panier, est surmontée d’un tympan consacré à la nativité que domine le couronnement de la Vierge. Le traitement de la chevelure indique la coexistence en sculpture du fin, mèches bouclées, et de l’inachevé, masses esquissées. Un écu tenu par un ange, près d’un homme de guerre et du roi Salomon, indique que les Kersauson ont pris part à la construction. Le sein qui allaitait le Nouveau-né a été raboté, et l’Enfant lui-même n’a pu être conservé. Les récits apocryphes rapportent que Zélomi, petit personnage féminin figuré au chevet de la Vierge, est l’une des femmes qui l’ont assistée. Elle aurait témoigné de sa virginité.

Bénitier

1601
Kersantite
Porche

Le bénitier, de style Renaissance, a perdu sont lanternon. Placé dans le porche méridional, il provient de l’ossuaire voisin. Au-dessus de la cuve, l’ankou, représentation de la Mort, tient la faux d’une main et la tête décapitée d’un adolescent dans l’autre.

Chancel

XVe siècle
Kersantite

En partie supprimé au XVIIIe siècle, le chancel clôt les deux côtés du chœur. Le linteau de l’une de ses portes a été retrouvé dans le jardin du presbytère. L’écu qui y est apposé permet d’en identifier le donateur : Jean de Kerguiziau, abbé de Daoulas de 1573 à 1581. Par ses colonnettes rondes et ses trilobes, il s’apparente au chancel de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon.

Crucifixion

Début du XVIe siècle
Vitrail

Les portraits de René de Rohan, de sa femme Isabeau d’Albret et de Catherine de Foix sont joints aux témoins de la Crucifixion. La devise « l’arme et l’honneur » court autour des écus effacés. Elle se trouve ailleurs sous la forme « l’âme et l’honneur », notamment sur un tombeau de l’église de Landrévarzec. Il s’agit probablement de celle des Plœuc, détenteurs de nombreuses possessions en Léon et Cornouaille. La verrière de la maîtresse-vitre a été attribuée au Flamand Jost de Negker et est datée de 1535. Le verrier quimpérois Le Sodec, qui pourrait également être son auteur, s’en inspire pour réaliser les vitraux de La Roche-Maurice en 1539. Avec celle de Daoulas qui lui était identique, la Crucifixion sert de modèle à nombre d’église du Finistère.

Sablière

Vers 1550
Bois polychrome

Sur la sablière du bas-côté nord se succèdent une scène de l’enfance de Jésus, une série de personnages monstrueux, un cortège funèbre, des masques et d’autre sujets figuratifs. Parmi ceux-ci, la légende de saint Isidore montre un ange occupé à tenir les mancherons de l’araire tiré par quatre chevaux et deux bœufs ; l’envoyé céleste prend en main le travail du patron des laboureurs, plongé dans la contemplation des mystères divins.

Arc de Triomphe

XVIe siècle
Kersantite

Aux contreforts de l’arc de triomphe, deux culs-de-lampe portent les statues en kersantite de la Vierge et de l’ange de l’Annonciation. Les croix des deux larrons sont plantées à leurs sommets. Au-dessus de la porte, la pietà est accompagnée de saint Jean et de Marie Madeleine. Le calvaire domine l’ensemble. Il est hissé au-dessus d’une console soutenue par des atlantes, où sont représentés le Christ du Jugement et la Résurrection. La galerie masque un chemin de ronde destinés aux archers des Rohan chargés du guet les jours de foire. Cette galerie relie l’arc de triomphe à deux maisons anciennes, dont l’une était réservée au corps de garde.

Ancienne maison de guet

1340
Granit
Enclos paroissial

L’enclos paroissial fortifié servait de poste de guet et de lieu de rassemblement aux soldats du seigneur de La Roche-Maurice. La maison dite de guet jouxte le chemin de ronde et forme avec lui une partie de l’enclos. Au cours du procès du guet qui se tient de 1718 à 1723, ses portes et fenêtre sont bouchées, et l’escalier qui la relie au calvaire est démoli sur décision de justice. En effet, la garde de la foire était assurée par les fabriciens des églises, sous le commandement du seigneur de Brézal. Lorsque celui-ci impliqué dans le complot de Cellamare, doit s’expatrier, la garde est désorganisée, et la charge est administrée avec excès. Le rétablissement du marquis permet le retour à l’ordre et à la sécurité, et la maison est réhabilité. Aménagée en auberge, elle porte ultérieurement l’enseigne du Cheval blanc.

Ossuaire

1619
Kersantite
Enclos paroissial

Mitoyen du côté ouest du porche, l’ossuaire est de facture classique. La sculpture d’ornement laisse apparaître sous les dais des visages finement traités. La statue de saint Pol au dragon provient de l’atelier qui a réalisé le calvaire de Plougastel-Daoulas. Elle est encadrée par une cariatide et un télamon.

Bas-relief

1619
Kersantite
Ossuaire

Les phylactères présentés par deux anges comportent des textes en breton et latin qui signifient respectivement : « la Mort, le jugement, l’Enfer glacé, quand l’homme y songe, il doit trembler », et « Fol est son esprit s’il ne prend garde de voir qu’il faut mourir, an 1619 ».

Cariatide

1619
Kersantite
Ossuaire

Le dessin de la cariatide, au corps enserré dans des bandelettes, est tiré des traités d’architecture classique qui circulaient dans les ateliers d’architectes et de sculpteurs de Landerneau. Elle supporte la saillie supérieur du pan coupé de l’ossuaire. Pour favoriser la circulation dans l’enclos, le constructeur dut en effet abattre l’angle du bâtiment et recourir à ce procédé pour le consolider.

Visite virtuelle de l’église de La Martyre

Une visite virtuelle de l’église Saint-Salomon de La Martyre. N’hésitez pas à mettre en plein écran pour profiter de la visite.

Articles annexes

Vignette de la commune de La Martyre dans le Finistère.

Découvrez la commune de La Martyre avec son histoire et son patrimoine.
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Catégories : ÉgliseFinistère