L’église Notre-Dame de Lampaul-Guimiliau est le parfait exemple de la richesse des enclos paroissiaux du Finistère. Cent cinquante ans ont été nécessaire pour obtenir cette église classé comme monument historique depuis 1926.

Des informations sur l’église de Lampaul-Guimiliau

Logo monunents historiques Classé monument historique le 26/10/1926
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Dénomination : Église
Titre courant : Église Notre-Dame
Date : 1533-1679
Matériau : Granit
Département : Finistère
Arrondissement : Morlaix
Canton : Landivisiau
Commune : Lampaul-Guimiliau
Adresse : Place de l’église, 29400 Lampaul-Guimiliau
Position : 48.492999, -4.040408

L'église Notre-Dame de Lampaul-Guimiliau dans le Finistère.
L’église Notre-Dame.

Description de l’église de Lampaul-Guimiliau

L’église paroissiale pourrait avoir été édifiée sur l‘emplacement du monastère de Paul-Aurélien, éponyme de la paroisse. La date la plus ancienne qui ait été relevée, 1533, est celle du porche. La construction s‘échelonne ensuite du clocher, en 1573, à la sacristie, datée de 1679. Cent cinquante ans de travaux, de création et de transformation démontrent la richesse économique de la commune à cette époque, due entre autres à la prospérité de l’activité toilière qui permet de financer es travaux sur une aussi longue durée. Les architectes et artistes locaux ont su s’inspirer des œuvres de Delorme, de Lescot, de Rubens, de Spranger et d’Androuet du Cerceau.

Le porche

Le porche de l'église Notre-Dame de Lampaul-Guimiliau.
Le porche de l’église Notre-Dame.

1533
Granit et kersantite

Partie la plus ancienne de l’église, le porche est de tradition gothique, mais la présence d’éléments tels que la lanterne surmontant le galbe, le bénitier à godrons ou le dais de saint Pierre indique la transition vers la Renaissance. Le décor ne comporte aucune scène de l’Ancien ou du Nouveau Testament, uniquement un décor végétal de feuilles de chardon, de choux frisés et de pampres où sont figurés de petits lézards ou autres animaux fabuleux. Chaque pierre porte la marque d’assemblage afin de faciliter la construction, ce qui suggère une réalisation dans l’atelier d’un sculpteur imagier extérieur à la paroisse. Le porche est profond, et son plafond soutenu par deux croisées d’ogive. Les statues des douze apôtres, après avoir été jetées à bas et mutilées par les révolutionnaires, ont été replacées à l’intérieur, mais André se trouve en face de Pierre et non de Thomas.

Le Chevet

1627
Granit

Compris dans le grand chantier du XVIIe siècle, le chevet est profondément transformé en 1627. Il est marqué par une nette influence du type Beaumanoir. Son dessin étant en demi-hexagone, la toiture est à noues multiples. La décoration se compose de hautes fenêtres, de gables festonnés, de contreforts et de lanternons. Le chanoine Jean-Marie Abgrall, historien, érudit et architecte de la commune, prononçait en regardant le chevet à partir de la fontaine du Ped : « On pourrait se croire transporté devant les splendeurs de Chambord ».

La Sacristie

1673-1679
Granit

La tradition rapporte que les fabriciens se réunissaient sous le porche de l’église pour débattre des affaires de la paroisse. Les douze membres du conseil, nombre calqué sur celui des apôtres, s’asseyaient sur les bancs latéraux, chacun sous la statue d’un des compagnons du Christ. En 1655, un édit du parlement de Bretagne interdit les réunions dans le porche au profit de la sacristie, ce qui pourrait expliquer, avec les délais des décrets d’application, la date de construction de celle-ci, qui comporte une salle à l’étage. L’édifice est orné de lanternon et pourvu d’une tourelle abritant un escalier en spirale. Le flanc ouest s’interrompt dans la grande fenêtre nord, indice d’un travail inachevé ou d’une erreur de calcul. La porte de communication avec le chœur porte la date de 1679 et les noms des fabriciens.

Bénitier du diable

XVIe siècle
Kersantite

Le bénitier de la petite porte sud est improprement appelé « bénitier du diable » par la tradition populaire. Il comporte en réalité les représentations de deux pénitents se tordant pour échapper au serpent qui ondule dans le fond de la cuve. Le fronton est orné de la scène du Baptême de Jésus par saint Jean. Un troisième personnage est très proche de celui de la statuaire du baptistère. La kersantite dans laquelle sont sculptés ces bénitiers mérite ici plus qu’ailleurs son qualificatif de pierre noire, car elle est usée et lustrée par les mains des fidèles.

Bénitier

XVIe siècle
Kersantite

Le bénitier placé dans le porche, entre les deux portes d’entrée, est décoré de feuillages, de torsades et de modillons. Il constitue l’un des éléments qui annoncent, au sein d’un ensemble gothique, la transition vers la Renaissance. La partie inférieure reprend un décor de vaste coquillage.

Pietà

XVIe siècle
Bois de chêne polychrome

Le thème de la Vierge de pitié est très fréquent en Bretagne, dans la pierre des calvaires, mais aussi dans la sculpture sur bois à l’intérieur des églises. À Lampaul-Guimilliau, le caractère imposant du groupe de pitié taillé dans un seul bloc de chêne semble indiquer l’utilisation pour son exécution d’un arbre de diamètre important. Auparavant placé au-dessus de la porte de la sacristie, l’ensemble est désormais fixé sur le mur nord de l’église au-dessus d’un autel de pierre en forme de tombeau.

Poutre de gloire

XVIe siècle
Bois de chêne polychrome

La poutre sépare symboliquement la nef du chœur, les fidèles des officiants, comme le faisaient matériellement mes jubés, avant leur destruction presque totale. Le Christ représenté après sa résurrection est appelé « Christ de gloire ». La poutre, sculptée sur trois faces, ne représente pourtant sur la face tournée vers les fidèles, que des scènes de la Passion, du jardin des Oliviers à la Descente de Croix. La Vierge et saint Jean sont figurés agenouillés, composition peu commune probablement due à la largeur de la poutre. Dans les diverses autres scènes, des personnages anachroniques tels que gentilhomme, moine, roi, ecclésiastique y sont représentés. La face est, tournée vers le chœur, comporte des sculpture moins fréquentes, représentant les douze sybilles, prophétesses païennes symboles de la révélation. Il faut sans doute y voir la volonté du clergé de s’approprier ces figures antérieures au Christ, afin de montre l’universalité de la culture chrétienne. Les entraits de la poutre sont engoulés par de grandes mâchoires de dragon.

Retable de sainte Anne

XVIIe siècle
Maître sculpteur : Gabriel Carquain
Bois de chêne polychrome

De même facture que le retable du Grand Prêtre qui lui fait pendant dans le transept nord, le retable de sainte Anne est attribué à des sculpteurs locaux. Il se distingue surtout par le groupe central de Jésus, e Marie et d’Anne, autour duquel se tiennent de nombreuses petites statues aisément identifiables. Joseph est placé du côté de Marie, Joachim du côté d’Anne. Dans la partie est repris le thème de sainte marguerite, avec celui de sainte Barbe et de saint Paul-Aurélien. Dans la partie basse siègent des saints bretons comme Hervé, Cadou et Yves. Ce dernier, avocat des pauvres et patron des gens de loi, est ici représenté accompagné uniquement du riche, contrairement à l’iconographie traditionnelle, qui le place entre le riche et le pauvre.

Retable de saint Jean-Baptiste

XVIIe siècle
Bois de chêne polychrome

Le retable glorifie Jean, le précurseur, fils de Zacharie et d’isabeth, que leur annonce Gabriel, le messager de Dieu, alors que le couple déjà âgé n’avait pas d’enfant. Dans cette œuvre qui fait pendant au retable de la Passion, deux tableaux semblent inspiré d’influences étrangères. Ainsi, la Sainte Famille est une reproduction fidèle de l’œuvre du peintre anversois Barthélemy Spranger, tandis que la chute des anges rebelles est tirée d’une gravure de l’artiste hollandais Cornélius Galle, elle-même réalisée d’après le Petit Jugement dernier de Petrus Rubens (1510). L’importance des échanges maritimes explique sans doute cette diffusion des modèles internationaux auprès des sculpteurs, peintres et imagiers bretons.

Bannière Notre-Dame

1634
Velours brodé de fils d’or et d’argent

Les bannières sont la marque d’une certaine émulation entre les paroisses. Ces emblèmes, très lourds et très difficiles à maintenir droit sous les caprices du vent, étaient sortis lors des jours de procession, tels les pardons. C’étaient l’occasion de porter haut les couleurs de la paroisse.

Le Baptistère

1650
Sculpteur : atelier de Gabriel Carquain
Bois de chêne polychrome

La rivalité entre trève et paroisse mère est illustrée par les mentions des dates de 1650 pour le baptistère de Lampaul et de 1675 pour celui de Guimiliau. Le plan de l’édifice reprend la symbolique de l’octogone. Après le retable voué à saint Jean et le bénitier dit « du diable », les fabriciens ont une nouvelle fois choisi le thème du Baptême du Christ. Chaque ace de l’octogone comporte deux statues. Ainsi sont représentés les douze apôtres, saint Paul, auteur des épîtres, saint Jean-Baptiste, le Christ et un ange portant son habit. Le Christ est dans le flot du Jourdain, et Jean brandit de la main droite la coquille du baptême. De la main gauche, il tient une croix de roseau, tandis qu’un quadrupède, un mouton sans doute, dressé sur l’arrière-train, s’appuie des pattes avant sur la jambe du saint.

Orgue

1650-1886
Facteur : Clauss
Menuisier : G. Bras

Aux XVIe et XVIIe siècles, de très nombreuses paroisses de Bretagne se dotent d’orgues. À cet instrument, dans le Finistère, est fréquemment associé le nom de la famille Dallam, Thomas, son fils Robert et son petit-fils Thomas. Ce dernier décédé à Guimiliau le 14 juillet 1705. Le facteur de l’orgue de Lampaul n’est pas identifié avec certitude, et seul le menuisier G. Bras y a gravé son nom en 1650. Compte tenu des similitudes avec le buffet de l’orgue de Roscoff, il est possible que l’auteur soit Thomas Harrisson, élève des Dallam. En 1886-1887, l’instrument est remplacé, et les décideurs de l’époque choisissent un orgue plus petit ; la tribune est conservée, mais adaptée en conséquence. Le facteur chargé du travail est Clauss, d’origine belge, installé à Rennes.

Retable de la Passion

Milieu du XVIIe siècle
Peintre : Robert Moreau
Bois de chêne polychrome

Si l’ensemble provient vraisemblablement d’un atelier de la Marine royale, la partie centrale composée de huit tableaux, en est attribuée à l’atelier de Robert Moreau, l’artiste anversois. Ces tableaux illustrent le jeudi et le vendredi saints, par le mouvement de quatre-vingts personnages pour la plupart dorés à la feuille. Le réalisme et les détails des scènes explicitent l’ensemble. Complétant cette décoration, deux bas-reliefs évoquent la Naissance de la Vierge et la légende de la mort de Miliau, roi de Cornouaille, avec quelques anachronismes, un lit à baldaquin et un costume du XVIIe siècle voisinent avec une cuirasse de légionnaire romain.

Bannière de saint Pol-Aurélien

1667
Velours brodés de fils d’or et d’argent.

La procession à l’occasion de laquelle les bannières de l’église de Lampaul-Guimiliau sont portées par les jeunes de la paroisse est une date importante dans le calendrier liturgique. C’est aussi le moment choisi par les jeunes filles pour condamner sans appel les maladroits tout en orientant peut-être leur choix ultérieur. De cette situation est née une chanson humoristique, devenue l’hymne lampaulais, surtout son refrain (diskan).

Mise au tombeau

1676
Sculpteur : Anthoine Chavagnac
Tuffeau

Le linceul porte l’inscription « Anthoine : fecit », dédicace d’Anthoine Chavagnac, sculpteur de la marine, né à Clermont en Auvergne. Le tombeau est tendu d’une large draperie ou est agrafée une tête e mort. Les personnages traditionnels l’encadrent : Joseph d’Arimathie porte la couronne d’épines ôtée du front du crucifié, Nicodème soutient le linceul, et Gamaliel le docteur juif l’accompagne. Au centre, Jean soutient la Vierge éplorée. Marie Madeleine se reconnaît au geste de la main essuyant ses larmes et au pot de parfum. Le groupe compte aussi deux autres femmes qui se tiennent qu pied de la Croix, Marie mère de Jacques et de Joseph, et Salomé. Cette œuvre était initialement placé dans la crypte de la chapelle de la Trinité.

La Chaire

1759
Bois de chêne

Plus tardive que ses homologues de Guimiliau (1677) et de Saint-Thégonnec (1683), cette chaire est aussi de composition plus simple, peut-être en vertu d’un contexte moins faste qu’au XVIIe siècle. Les panneaux de la cuve représentent en doublet les quatre évangélistes e les quatre grands docteurs de l’Église : saint Mathieu et saint Augustin, saint Marc et saint Jérôme, saint Luc et saint Ambroise, saint Jean et saint Grégoire. Le dais est surmonté d’un ange sonnant le buccin, et le plafond orné de la colombe du Saint Esprit.

Confessionnal

XIXe siècle
Bois

Les trois confessionnaux de l’église paroissiale sont identiques et décorés très sobrement. Le fronton est sculpté d’une grande tiare papale et de deux clefs placées en sautoir. Le portillon du confessionnal comporte l’habituel découpage de bois assurant la même fonction que le moucharabieh du monde islamique.

Le Calvaire

XVe siècle
Granit et kersantite (H. : 5,5m)
Enclos paroissial

Contrairement aux paroisses environnantes, en particulier la paroisse mère de Guimiliau, dotées de calvaires qui se veulent somptueux, les fabriciens de Lampaul-Guimiliau ont conservé ce calvaire traditionnel dont la composition comprend les représentations du Christ, du larron souriant, du larron grimaçant, ainsi que d’un couple d’anges tenant le calice et, au verso, de la pietà. Dans un socle octogonale à trois marches, nombre symbolique, est planté un haut fût écoté.

Chapelle de la Trinité

L'ossuaire de l'église Notre-Dame de Lampaul-Guimiliau.
L’ossuaire de l’église Notre-Dame.

1667
Architecte : Guillaume Kerlezroux
Granit
Enclos paroissial

Sur l’emplacement de l’ossuaire est bâtie la chapelle funéraire, placée sous le vocable de la Trinité. Sa construction et celle de la porte triomphale étant quasiment simultanées, les fabriciens ont vraisemblablement engagé une réflexion relative à l’aménagement problématique de l’espace, dont le centre du bourg commence à manquer. La porte triomphale est ainsi dotée d’une tribune de prédicateur, mais sans escalier d’accès, et la chapelle possède un pan coupé au nord-est pour ne pas obstruer le passage sous le clocher. Ces petits défauts sont compensés par un chevet polygonal de type Beaumanoir, par la présence d’un retable de la Résurrection dans le chœur et, enterrée sous celui-ci, d’une crypte qui abritera sept ans plus tard une Mise au Tombeau aux personnages grandeur nature. Une porte ornée e l’arbre de Jessé complète l’ensemble. L’entrée de la chapelle est surmontée de l’inscription « memonto mori », Souviens-toi que tu est mortel.

Porte triomphale

1668
Granit
Enclos paroissial

Jusqu’au Concordat (1801), date à laquelle le statut de paroisse à part entière lui est accordé, Lampaul est une trève de Guimiliau, où réside le recteur. Les deux localités sont prospères, et les donations à leurs églises respectives sont autant de motifs à surenchère. Outre les clochers, les baptistères et les orgues, cette émulation concerne les portes triomphales. Alors que celle de Guimiliau est relativement modeste, celle de Lampaul est massive. Couronnée d’une tribune de prédicateur, elle est surmontée d’un haut calvaire à croisillon, flanqué de deux autre fûts, destinés aux larrons. La porte monumentale a été bâtie un an après la chapelle et s’inscrit entre celle-ci et la rue, qui n’a pu être rétrécie. La place manque donc un peu, et la tribune déborde légèrement sur la rue, en dépit de l’absence d’escalier d’accès.

Visite virtuelle de l’église Notre-Dame de Lampaul-Guimiliau

Une visite virtuelle de l’église Notre-Dame de Lampaul-Guimiliau. N’hésitez pas à mettre en plein écran pour profiter de la visite.

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